texte français François Regnault
avec Sharif Andoura, Nadine Berland, Cécile Bouillot, Antoine Caubet,Arnault Lecarpentier, Alain Macé, Delphine Léonard, Pascal Martin-Granel, Jean-Baptiste Verquin
et les musiciens Christophe Thomas, Frédéric Jouhannet, Alexandre Vukobrat |
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Être soi-même
Il y a quelques années, j’ai mis en scène une adaptation pour le jeune public de Peer Gynt. Aujourd’hui, je propose une version quasi-intégrale, pour donner toute sa dimension à ce monument du théâtre.
Écrite en 1867 à partir de contes populaires norvégiens, la pièce raconte le parcours de Peer Gynt de son adolescence au soir de sa vie quand, au terme d’un voyage de cinquante ans, il retrouve celle qui l’attendait. Peer est tout à la fois le conteur et le personnage de ses aventures. Il vole sur un bouc, rencontre les trolls, conduit sa mère au château de la mort, quitte la Norvège, erre du Maroc à l’asile du Caire entre les singes et les fous, manque d’être refondu dans la cuiller universelle et finit dans le giron de Solvejg...
Peu d’oeuvres me sont aussi proches et me touchent autant : je vois en Peer le prototype de l’acteur, peut-être même de l’artiste. Oui, j’y vois une forme d’autoportrait. Mais ce n’est pas un visage flatteur que je dessine : Peer change de point de vue, sans foi ni loi, comme on change de costume ou de rôle. À ses yeux, peu importent la morale ou le sens, pourvu «qu’il soit lui-même». Comme le souligne François Regnault, traducteur de la pièce, cette «histoire d’un exilé qui part à la recherche de soi-même s’ouvre sur la subjectivité moderne». « Être soi-même », leitmotiv de la pièce, appelle de multiples réponses…
Épique ou romanesque, ce long «poème dramatique» joue de multiples registres. Se défiant des règles classiques de la représentation, Ibsen invente un théâtre en liberté, nourri par l’enfance et le rêve. Pour le servir, j’ai réuni douze interprètes : comédiens, marionnettistes, musiciens. Nous jouerons et nous mentirons en toute sincérité, comme de grands enfants sérieux et joyeux. Grâce aux pouvoirs de l’illusion théâtrale, nous parcourrons le labyrinthe du moi , pour éprouver que « je est un autre ». Un pari gyntien, en quelque sorte... Sylvain Maurice
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